DNS Belgium a migré la base de données de sa plateforme d’enregistrement d’Oracle vers PostgreSQL. Cette transition réduit la dépendance de la plateforme à l’égard de technologies non européennes et constitue une étape importante dans la stratégie de l’organisation visant à se détacher progressivement d’AWS.
À la fin de l’année dernière, DNS Belgium a annoncé être à la recherche d’une alternative à AWS. La plateforme d’enregistrement, qui gère les informations relatives aux titulaires des noms de domaine .be, .brussels et .vlaanderen, sera prochainement transférée vers un nouveau fournisseur cloud.
Dans ce contexte, l’organisation a également décidé d’abandonner Oracle. Plusieurs raisons motivent ce choix. DNS Belgium souhaite réduire sa dépendance vis-à-vis d’acteurs non européens et recherche donc des alternatives crédibles lorsque cela est possible.
Un autre élément a également pesé dans la balance : les licences Oracle sont moins flexibles lorsqu’elles sont utilisées dans un cloud souverain européen ou sur une infrastructure en propre que lorsqu’elles sont souscrites via un grand fournisseur de cloud américain. Continuer à utiliser Oracle aurait donc entraîné une augmentation significative des coûts.
PostgreSQL n’est-il pas américain ?
PostgreSQL, système de gestion de bases de données relationnelles, a été développé il y a plus de trente ans à l’Université de Californie. À ce titre, on pourrait effectivement le considérer comme « américain ». Toutefois, il s’agit d’un projet open source. Son code source est librement accessible, ce qui permet à chacun de l’utiliser, de l’adapter et de le faire évoluer.
Cela signifie également que la base de données PostgreSQL exploitée par DNS Belgium n’est pas soumise à la législation américaine ni aux éventuels risques en matière de protection des données qui pourraient en découler.
Cela rend DNS Belgium moins dépendant de fournisseurs individuels. En même temps, ce choix nous apporte davantage de transparence et de contrôle sur les processus fondamentaux de l’internet.
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L’open source est-il suffisamment fiable ?
Oui. DNS Belgium évalue l’ensemble de ses fournisseurs et leur demande de respecter les législations belge et européenne. Les logiciels open source occupent une place particulière dans cet écosystème, puisqu’ils ne sont généralement pas contrôlés par une seule entreprise commerciale.
Par ailleurs, pour les acteurs de l’infrastructure internet tels que les points d’échange internet et les registres (comme DNS Belgium), il est essentiel de privilégier autant que possible les architectures ouvertes, les standards ouverts et les logiciels open source. Cette approche garantit la compatibilité des technologies utilisées avec d’autres systèmes.
« Cela rend DNS Belgium moins dépendant de fournisseurs individuels. En même temps, ce choix nous apporte davantage de transparence et de contrôle sur les processus fondamentaux de l’internet », explique Johan Heylen, Platform Engineer chez DNS Belgium.
Une alternative open source comme PostgreSQL offre largement la stabilité et les fonctionnalités nécessaires. Le projet est développé activement depuis plus de 35 ans et est utilisé dans des millions d’environnements, allant de petits projets personnels à des plateformes professionnelles à grande échelle. La communauté qui le soutient est suffisamment vaste pour garantir son évolution dans les années à venir.
Migrer maintenant pour mieux déménager ensuite
Le choix de réaliser cette transition avant la migration vers un nouvel environnement cloud est pleinement réfléchi. Cela permet de configurer nos outils et services pour PostgreSQL et de les tester en profondeur dès à présent.
Lors du départ d’AWS, il suffira alors de déplacer une base de données PostgreSQL vers un nouvel environnement cloud, sans devoir simultanément convertir la base de données et changer de fournisseur cloud.
En répartissant ces deux opérations, nous pouvons tester chaque étape séparément et rendre l’ensemble du processus plus sûr et plus fluide. « Sinon, on risque de ne découvrir d’éventuels problèmes qu’au moment de quitter AWS, ce qui compliquerait inutilement le projet », souligne Johan Heylen.
Onze années d’expérience
PostgreSQL n’est pas une nouveauté chez DNS Belgium. « Nous envisagions depuis longtemps de nous éloigner d’Oracle, notamment en raison de sa politique de licences », explique Johan Heylen. « C’est pourquoi nous avons adopté PostgreSQL comme standard pour nos autres bases de données dès 2015. Cela nous a permis d’acquérir une solide expérience avant de migrer notre base de données principale. »
Défis et améliorations
La migration elle-même s’est déroulée relativement facilement grâce à l’outil de migration de bases de données d’Amazon, qui prend en charge plusieurs technologies.
Pour DNS Belgium, cette transition vers PostgreSQL a également constitué une excellente occasion de revoir et de moderniser la base de données concernée. « Au fil des années, ce type de système accumule des données et du code devenus inutiles. Nous avons profité de la migration pour faire le ménage. Cela concernait notamment des données liées aux fax ou encore l’ancien processus de transfert de noms de domaine, utilisé avant l’introduction des codes de transfert. En supprimant ces éléments, nous avons considérablement réduit la taille de la base de données », explique Johan Heylen.
Autre évolution importante : l’automatisation accrue de la gestion de la base de données. « Une grande partie de cette automatisation existait déjà, notamment depuis notre passage au cloud en 2017. Mais au fil du temps, de petites différences étaient apparues entre certains environnements de test et l’environnement de production. Grâce à cette migration, nous harmonisons l’ensemble des définitions et des schémas afin de rendre l’environnement aussi prévisible que possible. »
L’un des autres défis consistait à garantir des performances équivalentes. « Certaines opérations sont particulièrement optimisées dans Oracle. Nous devions obtenir un niveau de performance comparable avec PostgreSQL sur une nouvelle architecture processeur. Cela a nécessité de nombreux tests de performance », précise Johan Heylen.
Un impact limité pour les titulaires de noms de domaine
La migration a eu lieu le 7 mai et a duré un peu moins d’une heure. Les titulaires de noms de domaine n’ont rien remarqué. Seules les personnes qui souhaitaient enregistrer un nouveau nom de domaine ou transférer un domaine existant pendant cette période ont éventuellement dû patienter moins d'une heure.
Les agents d'enregistrement avaient été informés à l’avance et invités à éviter les opérations d’enregistrement à grande échelle juste avant la migration. Aucun changement n’est nécessaire dans leurs systèmes ni dans ceux de leurs clients.
Prêts pour l’avenir
Le passage d’Oracle à PostgreSQL constitue également un premier test grandeur nature en vue de la migration vers un nouvel environnement cloud prévue plus tard cette année.
« Nous avons déjà réalisé plusieurs migrations par le passé et nous cherchons toujours à limiter au maximum l’impact et les temps d’indisponibilité », conclut Johan Heylen. « Les enseignements tirés de ce projet nous serviront pour les futures migrations. Notre objectif est de les mener avec un impact minimal pour les parties prenantes externes, dans le cadre d’un processus de qualité et en garantissant la continuité de nos activités. »