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Sécurité en ligne au sein de la diaspora

16 janvier 2026

La Belgique compte près de 12 millions d'habitants, dont plus d'un sur trois est issu de l'immigration. Cela représente environ 4,2 à 4,3 millions de personnes. En outre, 14 % de la population (1,6 million) est de nationalité étrangère. Ce groupe joue un rôle crucial dans notre société et notre économie. 

En 2022, 7,3 milliards de dollars ont été envoyés depuis la Belgique sous forme de transferts de fonds à l'étranger. L'inclusion et la sécurité numérique sont donc des priorités non seulement sociales, mais aussi économiques.

La vulnérabilité numérique nécessite une approche segmentée

Selon le Baromètre de l'inclusion numérique de la Fondation Roi Baudouin, 40 % des Belges âgés de 16 à 74 ans sont vulnérables sur le plan numérique. Comment cela se traduit-il concrètement ? 5 % n'ont pas accès à Internet et 35 % ont de faibles compétences numériques. La vulnérabilité numérique est étroitement liée au revenu, au niveau d'éducation et à l'âge. Deux tiers des personnes vulnérables sur le plan numérique appartiennent à des groupes peu qualifiés et à faibles revenus.

Pour les personnes issues de l'immigration (diaspora), des défis supplémentaires peuvent s'ajouter, tels que barrières linguistiques, réseaux limités et souvent une recherche urgente d'emploi.

Le transfert d'argent à la famille restée dans le pays d'origine est un sujet délicat. Lorsqu’on fait appel à des prestataires de services financiers comme Western Union par exemple, il faut compter des frais de transaction élevés. C'est pourquoi les personnes ayant des racines internationales cherchent d'autres moyens d'envoyer des fonds, souvent via des canaux numériques non sécurisés qui promettent des marges ou des coûts moins élevés.

Fraude en ligne : un risque croissant

La cybercriminalité profite de cette vulnérabilité. En Belgique, 49 millions d'euros ont été usurpés en un an via le hameçonnage et 14,6 millions d'euros ont été perdus à cause de fraudes à l'investissement. À l'échelle mondiale, les montants sont astronomiques : au cours des 12 derniers mois, 442 milliards de dollars ont été détournés par la fraude en ligne.

En collaborant avec des ONG fiables et des organisations de la diaspora, et en leur fournissant des informations neutres et accessibles, nous aidons les gens à se sentir plus en sécurité et plus confiants en ligne.

Kristof Tyteleers

Qu'est-ce qui rend la diaspora particulièrement vulnérable ?

Notre expérience montre que les personnes issues de l'immigration sont plus souvent victimes d'escroqueries en ligne. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer :

  • Ces personnes utilisent souvent des canaux alternatifs pour les transferts d'argent, où la fraude est aux aguets.
  • Elles sont la cible d'escroqueries qui ne sont pas abordées dans les campagnes de sensibilisation classiques. Des exemples tels que la fraude ItsMe ou le phishing Bpost ne leur disent pas grand-chose.
  • Leur comportement en ligne correspond à d'autres besoins. Leurs activités numériques se déroulent plus souvent sur des plateformes d'emploi, des forums commerciaux et des canaux de transfert d'argent. C'est précisément là que les criminels exploitent les vulnérabilités, par exemple par le biais de fausses offres d'emploi, de vendeurs frauduleux ou de transferts d'argent qui n'arrivent jamais à destination. Les fraudeurs se font parfois passer pour des membres de la famille dans le pays d'origine, avec lesquels ils n'ont que des contacts en ligne. Cela leur permet de demander de l'argent de manière crédible, alors qu'il s'agit en réalité d'extorsion ou d'escroquerie.

De ce fait, les personnes issues de l'immigration ne bénéficient pas de la protection offerte par les campagnes qui se concentrent principalement sur d'autres plateformes et risques.

Kristof Tyteleers, notre Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI), l’exprime ainsi : “Les pratiques d’escroquerie sont souvent très ciblées et spécifiques, ce qui rend les campagnes de sensibilisation générales peu efficaces. En collaborant avec des ONG fiables et des organisations de la diaspora, et en leur fournissant des informations neutres et accessibles, nous pouvons aider les gens à se sentir plus en sécurité et plus confiants en ligne.”

Les cybercriminels exploitent les vulnérabilités existantes. Si vous ne parlez pas la langue, si vous ne disposez pas d'un réseau ou si vous cherchez désespérément un emploi, vous êtes plus vulnérable aux escroqueries en ligne.

Sophie Dings

En tant qu'ambassadeur SDG, nous avons estimé qu'il était de notre devoir d'agir. 

  • Notre RSSI Kristof et notre coordinatrice en matière de durabilité Sophie ont organisé une session d'information à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui est liée aux Nations Unies.
  • Nous y avons informé des personnalités clés de la diaspora à propos de la cybersécurité et de la résilience numérique.
  • L'objectif était de les renforcer et de créer un effet multiplicateur grâce au principe de formation des formateurs.

Notre ambition pour 2026

Nous voulons rendre nos campagnes de sensibilisation plus diversifiées et plus inclusives. Nous identifions déjà des possibilités pour :

  • Miser sur des exemples reconnaissables pour les personnes issues de l'immigration.
  • Collaborer avec des organisations telles que l'OIM afin d'atteindre des groupes cibles vulnérables.
  • Réduire la fracture numérique afin que personne ne soit laissé pour compte dans notre société numérique.

Nous construisons non seulement une zone .be sécurisée, mais aussi une Belgique numérique inclusive.

Avec cet article, nous soutenons les objectifs de développement durable des Nations Unies.