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Sécurité en ligne au sein des communautés de la diaspora

26 janvier 2026

La Belgique compte près de 12 millions d’habitants, dont 36 % ont un parcours migratoire. Cela représente environ 4,3 millions de personnes. En outre, 14 % de cette population ne possède pas la nationalité belge. Ce groupe joue un rôle crucial dans notre société et notre économie. 

En 2024, 10,11 milliards de dollars ont été envoyés depuis la Belgique sous forme de transferts de fonds à l'étranger (« remittances » en anglais). L’inclusion et la sécurité numérique sont donc non seulement des priorités sociales, mais aussi économiques.

La vulnérabilité numérique nécessite une approche segmentée

Selon le Baromètre de l'inclusion numérique de la Fondation Roi Baudouin, 40 % des Belges âgés de 16 à 74 ans sont vulnérables sur le plan numérique. Comment cela se traduit-il concrètement ? 5 % n'ont pas accès à Internet et 35 % ont de faibles compétences numériques. La vulnérabilité numérique est étroitement liée au revenu, au niveau d'éducation et à l'âge. Deux tiers des personnes vulnérables sur le plan numérique appartiennent à des groupes peu qualifiés et à faibles revenus.

Pour les personnes issues de l’immigration (communautés de la diaspora), des défis supplémentaires peuvent s’ajouter, tels que des barrières linguistiques, des réseaux sociaux plus restreints, un accès limité à la formation en TIC et un besoin urgent de trouver un emploi. L’environnement numérique peut également être perçu comme polarisant et discriminant par les membres de la diaspora, ce qui les conduit à utiliser moins fréquemment les outils numériques. Cela peut aussi contribuer à une moindre sensibilisation aux vulnérabilités en ligne.

Le transfert d'argent à la famille restée dans le pays d'origine est un sujet délicat. Lorsqu’on fait appel à des prestataires de services financiers comme Western Union par exemple, il faut compter des frais de transaction élevés. 

De nombreux migrants et membres des communautés de la diaspora dépendent des outils numériques pour maintenir les liens avec leur famille et leurs amis dans leur pays d’origine. L’envoi d’argent (« remittances ») fait souvent partie intégrante de la relation avec le pays d’origine. Lorsqu’ils font appel à des prestataires de services financiers, tels que les banques ou Western Union, ils sont confrontés à des frais de transaction élevés. C’est pourquoi les migrants et les membres de la diaspora recherchent d’autres moyens d’envoyer des remittances, y compris via des canaux non sécurisés qui promettent des marges ou des coûts plus faibles.

Fraude en ligne : un risque croissant

La cybercriminalité profite de cette vulnérabilité. En Belgique, 49 millions d'euros ont été usurpés en un an via le hameçonnage et 14,6 millions d'euros ont été perdus à cause de fraudes à l'investissement. À l'échelle mondiale, les montants sont astronomiques : au cours des 12 derniers mois, 442 milliards de dollars ont été détournés par la fraude en ligne.

En collaborant avec des ONG fiables et des organisations de la diaspora, et en leur fournissant des informations neutres et accessibles, nous aidons les gens à se sentir plus en sécurité et plus confiants en ligne.

Portrait de Kristof Tuyteleers, Chief Information Security Officer chez DNS Belgium, expert en cybersécurité et sécurité de l’information.

Qu'est-ce qui rend les diasporas particulièrement vulnérables ?

Les personnes issues de l’immigration présentent une vulnérabilité accrue face aux escroqueries en ligne. Le risque de fraude en ligne est renforcé par plusieurs facteurs :

  • Des compétences numériques insuffisamment développées.
    Cela résulte souvent d’un niveau de scolarité limité et d’un accès restreint aux formations en TIC, ce qui entraîne naturellement une plus grande vulnérabilité numérique.
  • Un manque de reconnaissance dans les campagnes de sensibilisation classiques.
    Les campagnes traditionnelles de prévention contre les escroqueries atteignent difficilement les migrants et les membres des communautés de la diaspora, car elles peuvent être perçues comme stigmatisantes ou ne sont pas conçues de manière inclusive. Les messages sont souvent trop abstraits, peu compréhensibles ou mal adaptés à la réalité vécue par ces publics. Par exemple, les campagnes portant sur la fraude via Itsme ou le phishing au nom de Bpost correspondent moins à leurs expériences, ce qui rend l’identification aux messages plus difficile.
  • Un ciblage et une diffusion inadaptés des messages de sensibilisation.
    Les canaux utilisés pour diffuser les campagnes ne sont pas nécessairement ceux fréquentés par les migrants et les communautés de la diaspora. La communication de bouche à oreille, les événements communautaires et les réseaux informels affichent souvent un taux de réussite plus élevé.
  • Des besoins numériques différenciés.
    Les besoins numériques varient fortement d’un groupe à l’autre et d’un individu à l’autre. On observe par exemple que les migrants et les membres de la diaspora utilisent fréquemment des canaux de transfert de fonds et des forums commerciaux en ligne. Les personnes en recherche d’emploi sont quant à elles davantage présentes sur des plateformes de recrutement. Les criminels adaptent leurs escroqueries à ces usages : fausses offres d’emploi, vendeurs frauduleux ou transferts d’argent qui n’arrivent jamais sont des pratiques courantes. Les fraudeurs se font parfois passer pour des membres de la famille restés dans le pays d’origine, avec lesquels le contact n’existe qu’en ligne. Ils peuvent ainsi demander de l’argent de manière crédible, alors qu’il s’agit en réalité d’extorsion ou d’escroquerie.

Il est donc essentiel de réduire le décalage entre les campagnes de sensibilisation classiques et les besoins numériques spécifiques des personnes issues de l’immigration.

Les pratiques d’escroquerie sont souvent très ciblées et spécifiques, ce qui rend les campagnes de sensibilisation générales peu efficaces.

Portrait de Kristof Tuyteleers, Chief Information Security Officer chez DNS Belgium, expert en cybersécurité et sécurité de l’information.

Les cybercriminels exploitent les vulnérabilités existantes. Si vous ne parlez pas la langue, si vous ne disposez pas d'un réseau ou si vous cherchez désespérément un emploi, vous êtes plus vulnérable aux escroqueries en ligne.

Sophie Dings

En tant qu'ambassadeur SDG, nous avons estimé qu'il était de notre devoir d'agir. 

  • Notre RSSI Kristof et notre coordinatrice en matière de durabilité Sophie ont organisé une session d'information à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui est liée aux Nations Unies.
  • Nous y avons informé des personnalités clés de la diaspora à propos de la cybersécurité et de la résilience numérique.
  • L'objectif était de les renforcer et de créer un effet multiplicateur grâce au principe de formation des formateurs.

Ensemble, nous permettons à des figures clés des communautés de la diaspora d’assumer pleinement leur rôle d’intermédiaires de confiance. Nous réduisons les inégalités numériques au sein des communautés migrantes et de la diaspora et veillons à ce que personne ne soit laissé pour compte dans une société toujours plus numérisée.

Anke IOM

Notre ambition pour 2026

Nous voulons rendre nos campagnes de sensibilisation plus diversifiées et plus inclusives. Nous identifions déjà des possibilités pour :

  • Miser sur des exemples reconnaissables pour les personnes issues de l'immigration.
  • Collaborer avec des organisations telles que l'OIM afin d'atteindre des groupes cibles vulnérables.
  • Réduire la fracture numérique afin que personne ne soit laissé pour compte dans notre société numérique.

Nous construisons non seulement une zone .be sécurisée, mais aussi une Belgique numérique inclusive.

Avec cet article, nous soutenons les objectifs de développement durable des Nations Unies.