Nouvelles

Collègue Aut'hentique

21 avril 2022

A la fin de l’an dernier, une de nos collègues est partie en congé maternité, et a été remplacée par Dorssen : 22 ans, modéliste, tester méticuleux, autiste. Voici comment nous vivons un lieu de travail inclusif. 

Dorssen - consultant de Passwerk, avec autisme

Salut Dorssen ! Commençons par une question classique : comment perçois-tu ton travail chez DNS Belgium jusqu'à présent ? Aimerais-tu y revenir travailler plus tard ?

Le travail de testeur est très agréable. Tester des logiciels n’a pas l’air très passionnant à première vue, et pourtant, c’est très intéressant, et surtout, les tests sont très diversifiés. J'apprends sans cesse et ne cesse donc d’évoluer. Le travail réalisé par DNS Belgium est important et, à mon avis, apporte vraiment quelque chose de positif à la société. Notre travail est indispensable pour le bon fonctionnement de chaque domaine .be (adresse web ou e-mail). Je travaille actuellement sur un projet qui vise à rendre la partie " .be " du World Wide Web beaucoup plus sûre, sans réel impact sur sa liberté. C’est une source de satisfaction pour moi. Bien sûr que j’aimerais y revenir travailler !

C’est Passwerk qui nous a mis en contact avec toi. Tu peux nous parler de tes autres expériences professionnelles ? Quelle a été ta meilleure ou pire expérience ? 

Je dois dire que c’est ma meilleure expérience professionnelle à ce jour. J'ai occupé une fonction de "téléconseiller client" (mais pas via Passwerk). En fait, je devais surtout faire de la télévente, un job qui ne me convenait pas du tout. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas extraverti, mais aussi parce que je préfère apporter quelque chose de positif dans la vie des gens. Je n’aime pas leur forcer la main en leur vendant quelque chose dont ils n'ont pas besoin. 

Donc, la vente, ce n’est pas ton truc. Quels sont tes points forts alors ?

J’ai une véritable passion pour l'informatique et je suis très minutieux : c’est un bon mix. Je suis par nature très attentif aux moindres détails. Et puis, j'ai une compréhension intuitive de nombreux programmes, ce qui joue également en ma faveur en tant qu'informaticien ou testeur.

Nous sommes des êtres humains qui méritent tous l’égalité de traitement en termes de droits et de chances. Parfois, Il faut oser se bouger pour se débarrasser des préjugés et des stéréotypes.

L’autisme est-il (professionnellement) un obstacle pour toi, ou parviens-tu à en faire une force ?

Je n’y vois aucun obstacle et je ne ressens aucun préjugé. Dans mes emplois précédents, j’ai eu parfois l’impression d’être traité comme un marginal. En plus des difficultés de communication, les collègues me traitaient avec condescendance, et puis, j’en ai ‘bavé’ dans le rôle de vendeur, qui n’avait vraiment rien d’agréable. Il en va tout autrement chez DNS Belgium, Dieu merci !  

Que peut-on faire chez DNS Belgium pour favoriser une plus grande diversité parmi le personnel ? As-tu des idées à ce propos ?

Ah, c'est une question difficile. Honnêtement, je n'ai pas d'idées géniales ni d'opinion tranchée à ce sujet. Nous sommes des êtres humains qui méritent tous l’égalité de traitement en termes de droits et de chances. Parfois, il faut oser se bouger pour se débarrasser des préjugés et des stéréotypes. Je crains que c’est tout ce que je peux dire à ce sujet :)

Kevin, copain et point de contact unique

Bonjour Kevin, tu es test engineer chez DNS Belgium depuis plus de 10 ans maintenant. Un vieux de la vieille comme toi, c’est le binôme idéal pour un remplaçant comme Dorssen. Comment l'accompagnes-tu au juste dans le travail ? 

A l’arrivée d'un nouveau collègue au service engineering, on ne travaille pas vraiment en binôme. L'accueil et l’intégration d'un nouveau collègue, c’est un travail d'équipe. Avec Dorssen, toutefois, il nous a paru pratique de recourir à une formule de ‘single point of contact’. De cette manière, c’est clair : Dorssen n’a qu’un seul interlocuteur pour toutes les questions de travail.  

Cette année, nous avons dû faire face aussi au problème du télétravail obligatoire. La distance ne facilitait certes pas la communication. Mais grâce à Slack, il y a toujours un collègue dans les parages. Tous les jours à 9 heures, nous avons un stand-up, une vidéoconférence où on évoque l'avancement des tâches et les nouvelles missions. En fait, on passe le planning de la journée en revue.

Travailler avec un autiste, est-ce différent ? Ou à ton avis, y a-t-il une différence entre travailler avec Dorssen et travailler avec la collègue qui occupe normalement le poste ?

Dorssen est un testeur junior, c'est sa première expérience en tant que test engineer. Pas de comparaison possible donc avec la collègue qu'il remplace et qui travaille ici depuis 7 ans. Néanmoins, si on compare Dorssen à un autre junior, il n’y a pas de différence en termes de compétences techniques. En revanche, il faut un contrôle plus ponctuel car Dorssen est moins enclin à demander de l'aide et essaie toujours de trouver une solution par lui-même. Ce qui est positif bien sûr car c'est ainsi qu’on apprend le plus. Quand cela prend trop de temps, il vaut mieux demander conseil à un collègue, par exemple au travers de courts épisodes d’échange.  

Pendant les réunions entre collègues, Dorssen est généralement plus réservé. S'il a des questions, il a moins tendance à les poser quand on est en groupe. Peut-être parce qu'il est plus difficile de savoir quand c’est le bon moment pour clarifier un point. Notre solution a été de l'impliquer proactivement dans la conversation et de vérifier régulièrement si tout est clair pour lui. Rien d’insurmontable !

En quoi Dorssen se distingue-t-il à tes yeux ?

Dorssen est très concentré et le reste même quand il est amené à exécuter plusieurs scénarios de test très similaires, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Nombreux en effet sont ceux dont l’intérêt s’émousserait rapidement.   

La mise en place d'une telle diversité n'a rien d‘évident

Guy et Nan, vous êtes Team Lead Engineering et HR manager dans notre entreprise. Quand une de nos collègues a annoncé son départ en congé maternité fin 2021, vous avez cherché à la remplacer. Comment avez-vous atterri chez Dorssen ? 

Guy : En fait, l’histoire a débuté il y a quelques années. A l’époque, une collègue ingénieur avait prévu de prendre un congé de six mois pour la naissance de son deuxième  enfant. Six mois sans notre meilleur testeur, ce n’était pas possible. De là date notre premier appel à un consultant de Passwerk. Quand cette même collègue a annoncé qu'elle attendait son troisième enfant, la même solution s’est tout de suite imposée pour remédier à son absence

Était-ce une décision délibérée de faire appel à Passwerk ou plutôt un hasard ?  

Guy : Non, ce n'était pas du tout un hasard. Les premiers consultants que j’ai recrutés à l’aide de  PassWerk, c’était en 2010, j’étais alors encore chez mon ancien employeur (Verizon). À l'époque, Passwerk était encore une jeune entreprise. J'ai été séduit d’emblée par leur concept. Tout compte fait, j'ai travaillé avec quelque cinq consultants pendant cette période. Un choix qui s’est avéré judicieux. Certains y sont restés bon nombre d’années. Et d’ailleurs, j’ai encore périodiquement des contacts avec certains d’entre eux.

Quand nous sommes partis en quête d'un test consultant chez DNS Belgium, j'ai de suite proposé de faire appel à Passwerk. Mes collègues se sont vite rendus à mes arguments. Le point fort de Passwerk, c'est qu'ils vous aident à trouver un profil adéquat. Tests manuel ou automatiques... ils recherchent le profil répondant le mieux aux critères.

En cas de recrutement d’un software developer, nous recevons surtout des CV de candidats masculins de la même origine. Pour ma part, je n'ai pas vu une seule candidature féminine ces dernières années. C’est dommage, une plus grande diversité ne peut que renforcer notre équipe.

Comment DNS Belgium entend-elle diversifier davantage son effectif ? Quelles sont les initiatives prévues ? 

Nan : Nous souhaitons promouvoir la diversité dans notre entreprise et nous prenons donc des initiatives en ce sens. Dorssen, qui est consultant chez Passwerk, en est un exemple.

À la fin de l'an dernier, nous avons fait appel à Katrien Van der Heyden (sociologue, spécialiste en genre et diversité). Ses conseils ont servi de base à l’élaboration d’un plan de diversité. Au fil de ces initiatives, notre effectif devrait offrir un meilleur reflet de la société. Pour nous, ce n'est donc pas un vœu pieux, nous entendons vraiment enrichir notre organisation.

Guy : La mise en place d'une telle diversité n'a rien d‘évident. En cas de recrutement d’un software developer, nous recevons surtout des CV de candidats masculins de la même origine. Pour ma part, je n'ai pas vu une seule candidature féminine ces dernières années. C’est bizarre et même frustrant. Car nous sommes intimement convaincus qu’une plus grande diversité ne peut que renforcer  notre équipe. C’est un peu une quête de "la perle rare", surtout quand on cherche un ingénieur expérimenté.

Les choses commencent pourtant à bouger du côté des stages, avec notamment une plus grande diversité parmi les étudiants que nous accueillons. L'an dernier, nous avons accueilli deux étudiants gantois d'origine russe, Khava et Vlad, pour un stage au sein de nos équipes scrum. Actuellement, une étudiante aux origines sud-américaines a rejoint notre équipe pour quelques mois. 

Nous espérons vivement voir une vraie diversité s’instaurer en Belgique sur le marché des Software et Ops Engineers. En attendant, nous explorons d'autres voies en vue d’instaurer cette diversité parmi nos collègues. Avec Passwerk et son concept original, c’est donc un pas dans la bonne direction.

Les différences qui existent entre les gens peuvent être une puissante source d’enrichissement pour une équipe. Elles génèrent une tout autre dynamique et nous apprennent à envisager les choses sous d’autres perspectives.

Katrien, job coach chez Passwerk

Bonjour Katrien, quand vos consultants expriment-ils pleinement leurs talents ? A quoi un employeur doit-il être attentif ?

Le fait de se sentir accepté pour ce que l’on est, est important pour tout être humain. Ouverture, amabilité et positivité sont autant de facteurs qui font que quelqu'un se sente bien. Se sentir bien, c’est aussi être à même de donner la pleine mesure de ses capacités. Et cela vaut pour tout le monde, que vous soyez autiste ou non.

Quelques conseils à suivre quand vous avez un employé autiste :

  • Il est préférable de limiter les stimuli sur le lieu de travail.
  • Il faut sans cesse poser des questions.
  • Pendant une conversation, veillez à leur laisser le temps de réfléchir et de formuler des phrases.
  • Ils préfèrent quand les choses sont prévisibles.  
  • La communication doit être franche et sans détours : veillez par exemple à exposer clairement vos attentes et règles sociales.

L'autisme est un concept familier pour de nombreuses personnes. Souvent, toutefois, l’idée que l’on s’en fait est tirée des films, de séries ou d’une expérience spécifique avec un autiste. C'est pourquoi nous nous efforçons de brosser un tableau réaliste et personnel de ce qu'est l'autisme et des besoins de nos consultants. Pour ce faire, nous recourons à une présentation appropriée et au job coaching. L'employeur est ainsi informé à l’avance du comportement à adopter face à l’autisme. Ce n’est qu’après cela que l’un de nos consultants entrera en action.

Que signifie pour vous la diversité sur le lieu de travail ? Comment les employeurs peuvent-ils la mettre en œuvre ?

La diversité sur le lieu de travail ne devrait plus être considérée comme un problème à résoudre. Il existe une explication sociologique à la méfiance ressentie à l’égard des personnes qui pensent, vivent ou agissent d'une manière différente. En fait, nous recherchons inconsciemment des égaux. Aller à l’encontre de cette tendance implique des efforts. Chez Passwerk, nous sommes convaincus que ces efforts sont payants ! Les différences qui existent entre les gens peuvent être une puissante source d’enrichissement pour une équipe. Elles génèrent une tout autre dynamique et nous apprennent à envisager les choses sous d’autres perspectives. 

En tant que job coach, je me réjouis de voir d’une part comment DNS Belgium envisage la diversité comme une force pour l’organisation et d’autre part, comment sa mise en œuvre apparaît comme une évidence. Chez Passwerk, nous partageons pleinement cette formule d'inclusion. Pour leur part, Guy et Kevin s’attachent surtout aux qualités de Dorssen et transforment  les différences éventuelles en opportunités de progression. De ce fait, Dorssen pourra bientôt se targuer d'une expérience professionnelle positive et aborder un prochain travail avec davantage de confiance en soi.