Kinamo est un prestataire de services informatiques belge spécialisé dans l'hébergement cloud, les solutions serveur et les services gérés.
Depuis 2003, cette entreprise basée à Anvers aide les organisations à concevoir, gérer et optimiser leur infrastructure numérique. Les cinq collaborateurs de Kinamo accordent une grande importance à la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Une question de bon sens dans un secteur aussi gourmand en énergie que l'informatique, estime le CEO Dominique Quintelier. Il nous explique la vision de son entreprise en matière de RSE.
La RSE est un terme large qui recouvre de nombreuses réalités. Que signifie la RSE pour Kinamo ?
Dominique : « La RSE est un terme qui peut sembler intimidant pour les petites structures. Mais même pour elles, cela vaut la peine de réfléchir à ce que l’on peut faire. Et il n’est pas toujours nécessaire de chercher bien loin. Sur le plan social et écologique par exemple, il existe de nombreuses possibilités qui, en réalité, sont parfaitement logiques si l’on souhaite le meilleur pour son entreprise et ses collaborateurs. »
« Dans notre secteur, le simple fait de réfléchir à la manière de réduire notre consommation d’électricité fait déjà une grande différence. On peut aussi imaginer des initiatives pour mieux équilibrer vie professionnelle et vie privée. Parler avec ses collaborateurs, les écouter, savoir s’ils se sentent bien ici, supprimer des tâches routinières grâce à l’automatisation… Chaque entreprise veut le meilleur pour ses employés. Mais il ne suffit pas de dire qu’on y prête attention. Toute l’équipe doit s’engager et, en tant que CEO, il faut veiller à ce que cela se reflète aussi à l’extérieur, auprès des clients. »
Par quelles actions concrètes cet engagement se traduit-il ?
Dominique : « C'est dans nos centres de données que nous avons le plus d'impact. Depuis des années, nous utilisons du matériel informatique qui offre des performances de pointe tout en consommant peu d'électricité. Cela s'explique par des raisons à la fois écologiques et financières. Notre forte consommation d’énergie est directement liée à des coûts élevés. Réaliser des économies dans ce domaine a donc un impact direct sur l’environnement. Et c’est une question de bon sens : l’électricité coûte cher dans notre pays. Plus de la moitié de nos coûts est liée à l’électricité. »
« Nous tenons également compte de la durée de vie de notre matériel. Il y a vingt ans, il était normal de remplacer ses serveurs après trois ans. Ce n’est pas responsable. Nous passons désormais à des cycles de six ans ou plus. Et oui, un nouveau serveur est plus performant et consomme moins. Mais il faut se demander si cela compense la montagne de déchets électroniques que nous générons. Parfois, il vaut mieux utiliser un peu plus longtemps des serveurs moins économes en énergie. Et les gens viennent travailler à vélo ou en transport en commun. Étant donné notre emplacement au centre d'Anvers, il n'y a pas beaucoup d'autres options. »
« Notre forte consommation d’énergie est directement liée à des coûts élevés. Réaliser des économies dans ce domaine a donc un impact direct sur l’environnement. »
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Avez-vous des objectifs en matière de responsabilité sociale des entreprises ?
Dominique : « Non, nous n’avons pas défini d’indicateurs clés de performance (KPI) ni d’objectifs à cet égard. Je pense que chez Kinamo, c’est une règle tacite de prendre en compte notre impact et ce qui est le mieux pour notre organisation, nos collaborateurs, nos clients et l’environnement et cela, dans toutes nos décisions et tous nos choix. Nous avons déjà calculé notre propre empreinte écologique et nous le faisons également pour nos clients lorsqu’ils nous le demandent. »
« Depuis la crise énergétique au début de la guerre en Ukraine, tout le monde a pris davantage conscience du fait que l’électricité a un coût et nous surveillons mieux notre consommation. De toute façon, il y a encore de nombreuses possibilités de ‘sensibiliser’ les gens, ne serait-ce qu’en leur apprenant, par exemple, qu’une recherche via Google a un impact environnemental bien moindre qu’une recherche via l’IA. Tout le monde doit être pleinement conscient de l’impact environnemental de l’IA et des sites web, et essayer de le compenser. En même temps, il est très difficile de mesurer les émissions de CO2 d’un site web, car il faut prendre plusieurs facteurs en compte : le serveur sur lequel il tourne, le réseau, le pare-feu, le routeur… tout cela fonctionne à l’électricité et a donc un impact. »
Essayez-vous également d'impliquer vos fournisseurs dans votre démarche de développement durable ?
Dominique : « Ce n’est pas évident. J’ai l’impression que les fournisseurs de logiciels s’en soucient rarement. Il faut donc orienter cette démarche en choisissant judicieusement ses fournisseurs. Cela concerne l’écologie, mais aussi, de nos jours, la géopolitique. Je dois dire que DNS Belgium est l’un des rares fournisseurs à mener une politique de développement durable très active et à communiquer largement à ce sujet. »
Utilisez-vous le cadre des ODD pour structurer vos actions ?
Dominique : « Les ODD servent de cadre et permettent de regrouper les initiatives sous un même dénominateur. C’est à peu près tout ce que nous en faisons. Je tiens à féliciter explicitement DNS Belgium à ce sujet. La manière dont vous mentionnez systématiquement les ODD pertinents dans toutes vos communications peut être une source d’inspiration pour les entrepreneurs et les organisations. »
Quelles sont vos motivations personnelles en matière de responsabilité sociale des entreprises ?
Dominique : « Je viens de la campagne, c'est peut-être pour cela que je me soucie de l'environnement. Mais ce qui importe avant tout, c'est qu'en tant que personne ou organisation, on assume ses paroles et ses actes. Et qu'on garde sa propre identité. Il ne faut pas se plier en quatre pour répondre à certaines attentes des autres. Faites ce qui vous semble juste et cela se traduira naturellement par des actions et des solutions pertinentes. »
La RSE concerne aussi la diversité. La pénurie de femmes dans le secteur informatique reste un problème.
Dominique : « C’est vrai. L’informatique est un bastion masculin, et c’est vraiment dommage. Si quelqu’un est compétent dans son travail, peu importe qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. Si vous devez choisir entre deux candidats, vous choisissez en fonction des compétences et de l’expérience qui apportent une valeur ajoutée à votre entreprise. Il ne faut pas se laisser guider par le genre ou les quotas. Cela dit, une plus grande diversité est une valeur ajoutée sur le lieu de travail et nous avons donc besoin de plus de femmes. Mais comme les femmes choisissent moins souvent une formation en informatique, elles sont inévitablement sous-représentées dans le secteur et on n’en recrute donc moins. Alors, mesdames, n’hésitez pas : optez pour des études et un emploi dans l’informatique. »
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Quel conseil donneriez-vous aux organisations qui souhaitent s'engager dans une démarche durable et socialement responsable ?
Dominique : « Ne voyez pas les choses trop en grand au début. Il existe de nombreuses petites façons d’entreprendre de manière durable. Et faites preuve de bon sens : réfléchissez logiquement, examinez vos options, faites des choix intelligents. Beaucoup de choses sont logiques si vous voulez le meilleur pour votre entreprise et vos collaborateurs. Et ne vous laissez pas décourager par ce que font les grandes organisations. »
« J’aimerais bien planter une demi-forêt, mais je dois être réaliste. Avec Kinamo, je n’en ai pas les moyens. Il faut considérer les initiatives sous son propre angle et tenir compte de la réalité économique. J’imagine que les multinationales qui lancent de grandes actions n’y consacrent qu’un ou deux pour cent de leur chiffre d’affaires. Peut-être que les petites organisations font proportionnellement la même chose, mais que c’est moins impressionnant en chiffres absolus. Cela n’enlève rien à la valeur de leur action. On peut accomplir beaucoup sans que cela coûte une fortune. »
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